Quelques semaines a Todos Santos!

**Desolee pour les accents, je nai pas encore trouvé de clavier qui me permettait d’écrire en francais**

Oups! Déjà plus d’un mois a Todos Santos et nous n’avons pas encore donne de nouvelles. Alors voila, il est bien temps de se reprendre! Pour notre défense nous avons bien utilisé notre temps, l’étude prévue initialement fut terminée en un temps record… deux semaines et demi! Le plus ardu fut de trouver et de contacter les leaders des différentes communautés. Les leaders sont essentiellement des hommes élus annuellement pour défendre les intérêts de leur communauté au niveau de la municipalité, et faciliter la communication. Il a fallu faire un peu de porte a porte car la liste de la municipalité est rarement mise a jour… Mais une fois dénichés, les leaders sont enthousiasmés par Vétérinaires Sans Frontières et appuient sans hésitation le déroulement de l’étude. Par contre, la plupart ne nous ont pas accompagnés. Il aurait été peut-être un peu plus facile de délimiter les communautés sils avaient été des nôtres, mais les interviews se sont bien déroulées quoi qu’il en soit. Benita notre traductrice Mam-espagnol fut dune aide précieuse. Elle est très appréciée par les habitants de Todos Santos et bien connue au sein de la population féminine puisqu’elle prend part à plusieurs projets dans la région. Il aurait été vraiment impossible de réaliser les interviews en espagnol. La majorité des enfants comprennent et parlent l’espagnol mais au moins la moitie des adultes ne comprennent que les rudiments et encore,… C’est plutôt triste puisque le Mam est un dialecte maya peu commun, il est parle presque strictement dans cette région. Voyager, migrer, échanger dans leur propre pays est un défi. Ce qui est loin d’être triste par contre, c’est le respect des traditions, l’amour de la culture et la fierté d’appartenir a une nation. Cela ce traduit dans chacun des portraits de la ville. Les vêtements, les animaux libres marchant dans la rue, les sourires, les bonjours, tout nous rappelle qu’ici les gens, les animaux sont tous étroitement lies. Et on n’est pas mises de cotes, ne vous inquiétez pas! Les todosanteriens paraissent peut-être un peu méfiants au départ mais une fois introduit par quelqu’un qu’ils connaissent, vous êtes plus que le bienvenu à poser des questions et a apprendre. Beaucoup dhistoires de violence et de corruption circulent sur la région. Certaines ont peut-etre un peu de vrai, mais jamais on pourrait deviner. Je nai jamais vu de personne voler les petits kiosques abandonnes par les proprietaires a lheure du repas; si tu oublies quelques choses sur le comptoir, on court jusque dans la rue pour te le remettre. Vraiment rien ne laisse croire que les gens manquent de quoi que ce soit. Cela est malheureusement tres faux, la pauvrete est omnipresente ici. Le salaire moyen dun homme est de 50Q par jour (ce qui équivaut a environ 6-7$ canadiens) et la femme, si elle na pas la chance davoir une formation scolaire specifique ne peut compter que sur la vente de tissages et daliments. La contraception mal utilisee et la violence conjugale assujettissent plusieurs femmes a la pauvrete ou a la soumission. Cependant, il faut mentionne que lon est jamais laisse completement a nous-meme a Todos Santos, la famille est toujours proche. Sans compter le vent de solidarite qui souffle au sein de la population feminine. Nous avons rencontre hier une jeune femme de 25ans, Marcela et sa petite fille Melissa qui vient tout juste davoir un an. Elles habitent avec grand-maman et arriere-grand-maman et vivent toutes les 4 de tous ce quelles peuvent trouver depuis que le père de Marcela est decede. Elle ma confectionne un « guapil » (chandail en tissage qui fait parti de lhabillement traditionnel), cela represente environ 3 semaines de travail. Bref, les familles se serrent les coudes et quand la famille ne peut pas aider, les voisins sen mêlent. Kelly, une de nos amies de Peace Corp vit depuis deux ans maintenant avec deux des plus puissantes femmes de Todos Santos. Cest une des seules maisons qui a un divan. Régulièrement des femmes viennent y passer la nuit pour s’épargner les coups d’un conjoint mecontent. Lalcool naide pas les familles todosanteriennes bien entendu. Il y a 2 mois, la consommation de produits alcoolises est redevenue legale a Todos Santos. Des hommes daffaires ont reussis a outreppasser les reglements et la loi est tombee peu apres. Les todosanteriens supportent plutôt mal lacool mais la situation ne semble pas etre desastreuse pour le moment.

Pour ce qui est de leducation, tout nous laisse paraitre quelle est de plus en plus valorisee. Les enfants debutent lecole a lage de 4 ans, ils apprennent lespagnol et les rudiments de langlais. Lorsquon le leur demande plusieurs enfants veulent devenir professeurs (ce qui implique de continuer a etudier).

Voila mon petit protrait de Todos Santos! Comme vous voyez cest different de ce que lon peut rencontrer au Canada… La realisation de notre projet fut plus compliquee que prevue jais bien limpression. Celui-ci consistait principalement a obtenir un portrait global de la sante animal dans une dizaine de communautes a Todos Santos afin de permettre aux decidants du projet de Veterinaires sans frontieres devaluer les resultats des actions entreprises. Arrive a Antigua, Kelleigh, Roberto (le veterinaire canadien qui nous a accompagne pour la premiere semaine) et moi-meme avions quelques craintes quand a la reponse de la population a un questionnaire de 8 pages. Heureusement, la population a été dune grande patience, la majorite a tente de repondre aux questions le mieux possible, allant chercher les documents pouvant completer les informations… Mais javoue que meme aujourdhui, jeprouve quelques craintes par rapport a la precision des resultats observes. Bien sur, Kelleigh et moi avons rediger un document a lintention de la personne qui a cree le questionnaire et qui interpretera les resultats afin quelle prenne garde aux nuances qui ont été particulierement difficiles a expliquer, meme a notre traductrice (une femme eduquee et lettree). On se rend vite compte que lecole et notre vie de tous les jours nous a preparer a repondre a des questions. Ce nest pas le cas avec les adultes dici qui ne savent pas lire. De plus avouer que leur chien nest pas toujours sur leur propriete, quil est possible que leur chien se nourrisse dans la rue… cest difficile. Mais bon, les questionnaires ont été remplis avec rigueur et enthousiasme. On a vraiment formee une bonne equipe. Comme je lai dit plus tot, nous avons reussi a rencontrer toutes les familles en deux semaines et demi. Et puis nous avons debute lentree des donnees des que nous avons recu le document excel pour le faire, soit vers la mi-juin. Cette etape a demande quand meme pas mal de discipline! lol Nous avons emportee chacun une pile de questionnaires que nous avons emportes avec nous au Lac. Eh oui! Nous avons pris 3 jours de vacances pour visiter la region de Atitlan accompagnees de notre ami Jordan (un americain engage comme coordonateur de lecole hispano-maya pour les prochains mois). Cetait vraiment merveilleux! Lentree de donnees est beaucoup plus agreable autour dun lac apres une baignade!

Une fois cette premiere entree faite, nous avons fait une seconde verification pour verifier quaucun renseignements ne manquait. Nous avons ensuite assemble les quelques 30 questionnaires qui meritaient des precisions afin de retourner dans les foyers. Shawn (andres, un eternel allie de veterinaires sans frontiere) nous a bien aide a obtenir linformation manquante.

La semaine de notre retour de vacance fut en fait principalement dediee au decompte des chiens errants. En effet, nous avons passe une anonce a la radio afin que les gens nous contactent sils ne possedaient pas de collier pour leur chien puisque nous allions marquer a la peinture rouge les chiens qui nen portaient pas. Plusieurs familles nous ont contactees mais, soit ils faisaient partis de dautres communautes, soit ils desiraient sinscrire pour la future clinique de Veterinaires sans frontiere. On a donc pris le lundi pour marcher dans toutes les communautes et sassurer que tous les chiens sans colliers seraient identifies par un materiel (on a acheter du fil dun super beau magenta!). Les quatre matins suivant, nous avons cherche les chiens errants dans toutes les rues des 11 communautes visees par le projet. Nous aurions tellement aime avoir un podometre! Ce fut vraiment une belle semaine. La temperature était agreable, lactivite était plutôt amusante bien que repetitive. Le jeudi, nous avons pu assiste a notre seconde soiree dansante a Todos Santos. Nous avons donc pratiqué nos pas de maramba. Cest drole de voir tous les hommes appuyer sur les murs a regarder les danseurs. Il y a des choses qui ne changent pas!

Et puis cette meme semaine, on nous a propose dapprocher de nouvelles communautes pour voir si elles seraient interessee a recevoir des services de sterilisation et de vaccination. Ce qui nous a permis daccelerer le processus est la decouverte des rencontres hebdomadaires des leaders des communautes. Ils se rencontrent presque chaque semaine a la municipalite dans le local voisin a celui de notre amie Kelly. Nous avons donc pu nous presenter et parler de Veterinaires Sans Frontieres au groupe de leaders. Deux autres communautes nous ont approchees dans lespoir dobtenir de laide. Nous avons pris leurs renseignements bien que les communautes soient situees a plusieurs heures dautobus du centre de la ville.

Mardi nous avons termine linterrogation des nouvelles communautes. Nous sommes maintenant a  Xela, ou nous allons travailler dans une clinique veterinaire a partir de lundi.

Avant de quitter nous nous sommes assurees de discuter avec les promoteurs de sante (des personnes qui ont lequivalent dune technique en pharmacie) et des sages-femmes. Ces deux groupes de personnes sont bien connus et apprecies. Ils sont souvent appeles a donner des conseils lorsque les animaux sont malades et ont déjà developpe une certaine dexterite avec le materiel de soin. Nous croyons quils pourraient donc nous aider a faire du projet de Todos Santos quelques choses plus permanent, viable et autosuffisant. Déjà 3 personnes, 1 infirmier, 1 sage-femme et 1 promorteure de sante ont demontre un interet marque et nous ont donne leur coordonnes sans hesiter. Nous prendrons le reste des noms des interesses lorsque nous retourneront a Todos Santos dans 2 semaines pour aller chercher les boites de questionnaires.

J’espère que vous avez retenu de mon petit roman toute la fascination et le plaisir des dernières semaines. Il m’est toutefois impossible d’omettre les difficultés rencontrees puisqu’elles fondent les plus importants apprentissages. Kelleigh et moi avons normalement toutes les deux de la facilite a travailler en equipe. Nous savions que communiquer a distance est parfois difficile. Nous avons tout de même été surprises de combien cela peut l’être. Obtenir réponse a nos questions lorsque nous en avons besoin, s’assurer de notre bonne interprétation des attentes de nos coordonatrices et comprendre les raisons qui justifient ces attentes, maintenir le lien de confiance qui nous lient aux autres membres du projet, transmettre nos opinions de la façon la plus juste et sentir quelles sont ensuite écoutées, puis enfin toujours garder en tête que chacun fait sont possible. Voila ce qui a été le réel défi de cette aventure jusque la, la communication. On verra pour la suite!

valerie